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Un spectacle composé de trois courtes pièces : "DU PAIN PLEIN LES POCHES", « L’araignée dans la plaie » et « «Une baignoire révolutionnaire ». Deux monologues viennent compléter le “patchwork” : « Attention aux vieilles dames rongées par la solitude » et « La machine à payer l’addition ». Qu’ils aient à sortir un chien d’un puits, à débarrasser Jésus cloué sur la croix d’une affreuse araignée qui lui entre dans la plaie ou à se préparer à la pauvreté par un stage de mendicité, trois personnages un peu déconnectés attendent le “miracle” pour que les choses changent. Mais paralysés par l’indécision, le chien reste dans le puits, l’araignée atteint la plaie et les pauvres restent pauvres. Du pain plein les poches… est un spectacle drôle, mais pas que, mais quand même !

De Matéi Visniec
Une création collective de Simon Hommé, Olivier Lenel, Felix Ulrich.
Regard extérieur:Christian Labeau
Costumes:Carine Duarte.

Avec le soutien de Alter Ego asbl.
Presse
LE SOIR Mardi 23 juin 2009 Catherine Makereel

On aime follement la Samaritaine. Pas seulement pour sa cave voûtée offrant une fraîcheur veloutée à nos soirées estivales (OK, Bruxelles n’est pas Marseille mais tout de même). Mais aussi parce que sa programmation elle-même joue les climatiseurs en propulsant les jeunes artistes. C’est le cas de Reste Poli Production et ses trois comédiens – Félix Ulrich, Simon Hommé et Olivier Lenel – tout juste sortis de l’IAD.

Ils ont mis en scène et jouent Du pain plein les poches, de Matéi Visniec, écrivain roumain exilé en France. En cinq textes, ils nous offrent du Visniec pur sucre : une situation de départ délicieusement absurde qui tourne à la fable politique, sociale, humaine. Des paraboles grotesques que la première pièce, Du pain plein des poches, illustre à merveille. Deux hommes se rencontrent autour d’un puits au fond duquel agonise un chien. Il faut le sortir de là, c’est certain, mais avant d’agir, on se pose des questions, on palabre, on condamne ceux qui l’ont jeté dedans. Comment le secourir ? Pourquoi ? Après tout, c’est peut-être la faute à personne s’il en est arrivé là ! Comme dans un puits sans fond, les arguments, cordiaux ou vindicatifs, s’accumulent pendant que le chien crève dans son trou. S’il y a du Beckett dans l’écriture, on pense aussi aux Monty Pythons, surtout dans le dernier texte : « L’araignée dans la plaie ». On y découvre le Christ sur sa Croix, entouré des deux larrons et … d’une araignée. Effrayés que celle-ci leur grimpe dessus, les larrons sollicitent un miracle de leur prestigieux compagnon. Mais celui-ci ne peut qu’expirer un « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ironie suprême, l’araignée s’attaquera au Christ, réduit à se laisser protéger par les gesticulations pitoyables des deux larrons.

Que ce soit cette serveuse dans « La machine à payer l’addition » qui n’a pour clients que des pantins ou ce spécialiste en stage de mendicité qui nous apprend à faire la manche dans « Attention aux vieilles femmes rongées par la solitude », tous sont pétris de mauvaise foi et paralysés par l’indécision, en attente d’un « miracle. » Le dérisoire et le pathétique, chers à Visniec, sont manipulés avec beaucoup d’humour par les comédiens. A l’image de leur « sportive » préparation physique et mentale avant de jouer le Calvaire : drôlement absurde ! Il y a encore de petites faiblesses dans cette moquerie de nos bassesses mais déjà une belle leçon de dérision.
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Matéi Visniec
Matéi Visniec est né en 1956 en Roumanie, où il suit des études d'histoire et de philosophie. Frustré et tourmenté par le régime qui empêche la publication de la plupart de ses écrits, il arrive à Paris en 1987 et demande l'asile politique. La traduction en français de ses premières œuvres marque le début d'une longue série de succès théâtraux qu'il cultive en écrivant lui-même dans sa langue d’accueil à partir de 1992. Depuis, ses personnages théâtraux errent littéralement sur les scènes francophones : face à des situations scandaleuses, des injustices inhumaines, ils s'offusquent, ils se révoltent, ils sont décidés, ils veulent agir, ils vont agir ... et puis zut! Ils n'ont pas eu le temps d’agir. Mais ils réessayeront demain. Promis...`

Fiche technique
Durée du spectacle : 1h15 + entracte (souhaité).

Plateau :
• Ouverture : 6 mètres (minimum).
• Profondeur : 3 mètres (minimum).
• Hauteur : 3 mètres (minimum).
• Le spectacle a été créé au café-théâtre la Samaritaine. Il est donc prévu pour un plateau assez petit. Etant donné l’absence d’un décor fixe, il est tout à fait adaptable à un plateau plus grand.
• Occultation indispensable.
• Dégagement (soit par le plateau, soit par la salle) : installation “en jeu” du décor au début de la seconde partie.
• Dans la salle : mise à disposition de 2 à 6 places accessibles (à discuter suivant la jauge) dans le public - une place pour un comédien et l’(es) autre(s) pour un(des) mannequin(s).

Décors :
• Rallonges suffisantes pour amener de l’électricité sur le plateau (trois prises à cour et trois prises à jardin).
• Présence au lointain à cour d’un point de fixation (soit dans le mur, si la profondeur n’excède pas les 5 mètres, soit sur un pied) à une hauteur de 2 à 2,5 mètres pour accrocher une structure de deux hauts parleurs.
• Si la structure d’accueil en possède un, présence d’un piano sur le plateau à jardin.
• Le décor amené par la compagnie est constitué d’un ampli et lecteur CD à cour, de deux hauts parleurs à lointain-cour, d’un piano (si la structure d’accueil n’en possède pas) à jardin. En seconde partie, les comédiens amènent sur le plateau trois grandes croix en bois avec leurs pieds et une série d’accessoires divers.

Lumière :
• Un jeu d’orgue (mémoire) de 12 circuits.
• 12 x PC 1Kw.
• Gélatines bleues-nuit.
• Ceci constitue le matériel utilisé à la Samaritaine. Etant donné la petitesse du lieu, le nombre de projecteurs pour éclairer le plateau est restreint. Pour un plus grand plateau, voici les effets souhaités : plein-feu, ambiance bleue, 3 ponctuelles.

Son :
• 1 lecteur CD.
• Diffusion adaptée à la salle (Hauts parleurs L&R uniquement en façade).

(Dé)montage :
• Temps de montage : 4 heures.
• Temps de démontage : 30 minutes.
• Présence d’un technicien connaissant le matériel et la salle durant l’installation, le démontage et toute la durée du spectacle.

Accueil :
• Une loge (3 comédiens) avec eau courante et prises ménagères.
• Une table et un fer à repasser.
• Un catering pour quatre personnes 1h30 avant la représentation.